Dépêche AEF No 190761 du 6/12/13

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Dépêche n°190761

Metz, vendredi 6 décembre 2013, 10:44:46

Le réseau international « campus numérique des systèmes complexes » va lancer des « Moocs » personnalisés

Le projet de réseau international « CS-DC » (Complex systems digital campus, Campus numérique des systèmes complexes) va permettre la mise en ligne de Moocs « personnalisés », courant décembre 2013, indique à AEF Pierre Collet, directeur du département d'informatique de l'université de Strasbourg, l'établissement co-porteur du projet avec l'université du Havre. La plate-forme pédagogique en construction repose sur « la participation des apprenants » et « la personnalisation » des parcours de progression pédagogique, en premier lieu dans le domaine des systèmes complexes avant une extension à d'autres disciplines. Elle est soutenue par un consortium d'universités partenaires qui compte aujourd'hui 96 établissements, et a obtenu en août dernier le label UniTwin (University twinning and networking) de l'Unesco.

Les premiers Moocs fondés sur l'enseignement des systèmes complexes seront bientôt accessibles « en tout point de la planète, de façon libre », rapporte Pierre Collet, professeur à l'université de Strasbourg et co-coordinateur du projet de « Campus numérique des systèmes complexes », fin novembre 2013 auprès d'AEF. « Notre projet est participatif. Il associe aujourd'hui pas moins de 96 universités, dans 26 pays et 4 continents, et quelque 3 millions d'étudiants potentiels. L'idée est de mettre en place un système d'enseignement massif personnalisé, pour diffuser les connaissances sur les systèmes complexes, puis sur d'autres contenus ».

Des parcours adaptés à chacun

À l'échelle internationale, le campus « CS-DC » (Complex systems digital campus) est aujourd'hui structuré en 9 e-laboratoires. « Les présidents d'universités [impliquées dans le réseau] ont tous signé une lettre d'engagement, et renvoient leur liste de chercheurs concernés. Au total, ce sont pas moins de 1 500 chercheurs qui signent le mémorandum (1), sous le parrainage de Jean-Marie Lehn, le prix Nobel strasbourgeois : chacun donne son programme et met à disposition ses données ».

Même ambition « participative » au niveau des enseignements, qui seront hébergés sur la plate-forme « POEMs » (Personalised open education for the masses). Il évoque ainsi une « éducation 4P » qui se veut « participative », « prédictive », « préventive » et « personnalisée ». L'éducation doit être « participative » avec la mise en place d'un « intertutorat, où les plus avancés dans leurs études pourront aider les nouveaux arrivés, mais aussi l'amélioration du contenu, l'évaluation de pair à pair et l'analyse des parcours utilisés ».

La dimension « prédictive » consiste à ce qu' « à tout moment, l'apprenant se voit proposer un futur contenu adapté, qui lui permettra d'atteindre son objectif d'apprentissage plus rapidement, et ce en fonction des trajectoires réalisées par les autres [les succès et échecs cumulés] ». L'éducation est aussi « préventive » car « la personne s'écartant de la route la plus efficace pourra être détectée, et il lui sera proposé des exercices de remédiation ou une réorientation ». Elle est « personnalisée » car « chaque étudiant a un parcours différent adapté à sa personnalité ».

Déconstruction des cours

Dans ces conditions, les trajectoires pédagogiques ne peuvent plus se fonder sur des cursus linéaires, identiques pour chaque apprenant. « Les cours proposés seront complètement déconstruits en une multitude de petits cours. Par exemple, les 60 heures d'une UE seront découpées en vidéos de 15-20 minutes portant sur un point précis, une année de 60 ECTS donnant lieu à 1 800 items d'enseignement en ligne », explique Pierre Collet.

Les étudiants inscrits à « POEMs » - sur le portail d'une université - pourront valider des UE, voire des années de diplôme (L1, L2, etc.), lorsque l'université le propose. « Avec des effectifs aussi importants, l'évaluation ne peut pas faire intervenir le professeur », elle sera automatique tout en impliquant les étudiants directement. Ceux détectés comme étant de « très bons étudiants » seront invités à « refaire » un cours de leur propre cursus, en l'expliquant à leur façon.

Enfin, la mise en place du réseau d'universités « Unesco UniTwin complex systems digital campus » devra permettra de « bâtir des passerelles Nord-Sud et Sud-Sud », pour favoriser l'accès aux savoirs : « des contenus sous licence 'creative commons' seront ouverts aux auditeurs libres d'autres continents, même non inscrits à l'université ». Selon les porteurs du CS-DC, « la reconnaissance mondiale apportée par le label UniTwin devrait permettre de démarcher de grandes fondations internationales (Bill Gates, Clinton, Packard, Wellcome, etc.), pour financer les différents membres du consortium, et aider les pays émergents à soutenir leur développement ».

L'ensemble du programme et son actualité sont consultables sur le site du campus numérique CS-DC. (1) Un accord sera signé entre le président de l'Unesco et les présidents des universités du Havre et de Strasbourg (représentant l'ensemble des universités de l'UniTwin).

Contact : - Université de Strasbourg, Pierre Collet, pierre.collet@unistra.fr

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